Prenez place(s) ...

Ils ont beau essayé de casser, détruire, humilier, lobotomiser...ils n'ont toujours pas réussi à faire taire la créativité humaine...Et dans cette période que les tenants du désordre établi voudrait transformer en ère du totalitarisme du désespoir, il reste, et il surgit de nouveau une place d'un genre nouveau pour la lutte par l'esprit...pour la subversion poétique.
Ici, la manière que les salariés d'une entreprise industrielle ont trouvé pour faire connaître leur lutte 
Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 11:52

L'économie est globale comme une explosion du monde réel

 

L'information est transparente comme une censure qui suce l'encre

 

La gouvernance est mondiale comme une démocratie de l'instant ou le non politique est perpétuel

 

La circulation est libre même pour les idées qui irriguent de plus en plus  les réseaux et de moins en moins les têtes

 

La spéculation financière est saine comme une obesite qui obstrue progressivement toutes les artères des productions de richesses

 

La citoyenneté se mondialise au rythme d'une pensée qui s'est morcelée en cibles et objectifs en avantages et inconvénients

 

La citoyenneté peut d'autant plus se mondialiser que la pensée est désormais dépourvue d'idéologie

 

L'externalisation de l'humanité est en marche

On pourrait la remplacer par une société immaterielle plus performante

 

Le capitalisme pourra enfin s'éclater.

Il aura réussi a se passer du peuple.

 

La guerre des classes n'aura plus de raison d'être

Les milliardaires n'auront plus besoin de leur fortune pour désespérer les prolétaires et faire rêver les pauvres

Il pourront desormais mettre cet argent dans l'humanitaire. Au service de l'humain.

Juste pour eviter qu'il disparaisse

 

L'économie est globale comme une explosion du monde réel

L'information est transparente comme une censure qui suce l'encre

La gouvernance est mondiale comme une démocratie de l'instant ou le non politique est perpétuel

La circulation est libre même pour les idées qui irriguent de plus en plus  les réseaux et de moins en moins les têtes

 

9 décembre 2010

Par nicolas vladimir - Publié dans : slamateur - Communauté : Tel est le monde !
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 23:27

 Je suis l'ombre dans la lumière Je suis le nombre dans l'éphémère Je suis le retour du jeu collectif dans la classe ouvrière

 

« Je » est un autre qui se conjugue au pluriel Le ciel est chargé de pancartes de ballons et banderoles L'horizon s'ouvre pour qui relève la tête

 

Le défilé n'est pas une nature morte Plantée dans le lambris d'une époque réaliste

 

Tu m'aperçois dans la foule même si tu ne me vois pas Tu m'aperçois dans la manifestation qui nous sort de l'anonymat Tu m'aperçois car nous avons emboîté le même pas

 

Nos cris plongés dans la sourdine médiatique Trouvent ici un écho forment une onde sismique Délivrent un message polyphonique

 

Le défilé n'est pas une rubrique nécrologique Pour une foule rouge broyant du noir

 

En rang serré les uns les autres rejoignent le point de départ Ils piétinent patientent peaufinent Les sonos hululent sur le toit des camionnettes

 

En rang serré les uns les autres se regroupent Par affinités par plaisir par nécessité Les banderoles et les ballons déclinent les identités

 

Le défilé n'est pas une fête sympathique Un apéro géant dans un réflexe mimétique

 

En rang serré les uns les autres s'organisent Casquettes Sandwiches Pétitions La revendication sociale ne fait pas dans la contrefaçon

 

En rang serré les uns les autres maintenant avancent « Tous ensemble tous ensemble tous ensemble! » On se découvre lorsqu'on se rassemble

 

Le défilé n'est pas un chantage à l'illusion Une démocratie de bazar usant de la pression

Le défilé est une utopie qui rejoint la terre ferme par la presqu'île de l'insoumission

 

J'ai retrouvé ce que je ne cherchais pas J'ai retrouvé ce que je ne nommerai pas J'ai retrouvé ce qui me portera

 

Je suis l'ombre dans la lumière Je suis le nombre dans l'éphémère Je suis le retour du jeu collectif dans la classe ouvrière

 

23 Octobre 2010

Par nicolas vladimir - Publié dans : slamateur - Communauté : vos poèmes
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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 00:22

"Intimidation, blocages, violences : c'est la négation même du Pacte Républicain" - François Fillon - 19 octobre

" Est-ce que je crains des débordements? Oui, bien sûr, mais le plus grand débordement serait de ne pas garantir le financement des retraites" - Nicolas Sarkosy -19 octobre 

 

 

Chaque jour qui passe, donne un éclairage nouveau à la maxime de Nicolas Sarkosy(qui deviendra peut être aussi prophétique que celle de Erich Honecker "Die Mauer wird noch 1000 Jahren stehen bleiben") "désormais, quand il y a une grève en France, ça ne se voit plus"!

 

Chaque jour qui passe donne un éclairage également nouveau à la lucidité d'un gouvernement qui a très tôt compris que le mouvement n'était qu'un feu de paille, qu'il s'essoufflait, ne mobilisait guère, et deviendrait vite impopulaire.

Désormais, nous entrons d'ailleurs dans une phase nouvelle du mouvement : celui de la restauration de l'ordre.

Restauration de l'ordre face aux entraveurs de la liberté du travail et de circulation des marchandises.

Restauration de l'ordre face aux "casseurs émeutiers".

Restauration de l'ordre face au risque d'anarchie et de blocage du pays, synonyme de nouvelle catastrophe sociale et économique...qu'on ne peut vraiment pas s'autoriser en ce moment, compte tenu de la crise, et de la nécessité d'union nationale pour faire face à ces fameux risques : insécurité, terrorisme, compétition économique, grandeur de l'Europe et de la France, immigration, et bien évidemment réchauffement climatique.

 

De toutes les manières, même si on peut comprendre les raisons qui peuvent amener les individus à manifester, il ne saurait être question de faire acte de faiblesse, si on veut sauver l'ensemble du système, car comme le rappellent depuis de nombreuses années, François De Closets, puis Jacques Marseille ou encore Alain Minc, "la France ne peut plus vivre au dessus de ses moyens".

Le FMI, dont son actuel Directeur Général qu'on ne peut pas soupçonner d'être aux ordres de Nicolas Sarkosy, ni même des tenants du système financier, l'avait d'ailleurs fort justement rappelé aux Grecs...même s'il est un peu moins loquace s'agissant de la situation en France.

Liliane Bettencourt, le rappelle également à sa manière, elle qui est contrainte d'utiliser les niches fiscales et les comptes offshore pour contourner les impôts et cotisations sociales, et d'acheter des îles très loin de notre pays, certainement pour éviter les grèves et les pénuries d'essence. 

 

 

 Où en est-on ?  

 

Les manifestations continuent de rassembler à un niveau très élevé, de manière répétée, avec des cortèges "mouvants" et évolutifs en terme de participants et dans leur composition, ce qui élargit encore le nombre de personnes mobilisées dans ce mouvement depuis la rentrée scolaire.

 

Des luttes, et des mouvements très vite radicalisés, voient le jour, dans des secteurs très hétéroclytes : blocage d'école par des parents d'élèves, blocage des ports, des raffineries, blocage de gares, blocage d'aéroports.

Des grèves reconductibles se sont également développées sans être pour autant généralisées.

Une impression de mouvement rampant se dégage, sans pour autant que celui-ci apparaisse global et généralisé.

 

Les premiers effets de cette situation se font sentir puisqu'apparaissent (et perdurent) les files de voitures dans les stations services, les inquiétudes des parents d'élèves en proie aux rythmes scolaires et périscolaires perturbés, ou les ruptures d'approvisionnement et/ou d'activités qui peuvent être fatales aux PME.

 

La "peur" est également attisée, avec le retour des "casseurs" qui oeuvrent particulièrement en Seine St-Denis, dans l'agglomération Lyonnaise, mais pas seulement, puisqu'on se retrouve comme en 2005 avec une cartographie des émeutes loin de se limiter aux "banlieues" (voir les sites d'Alain Bertho sur FB ou wordpress).

Pis, le discours des syndicalistes "bloqueurs", se radicalise sur le terrain : entendus au hasard des TV, "les policiers attendent l'ordre de débloquer, mais nous aussi, on les attend" ou encore "le gouvernement est sourd, nous aussi on est sourd".

Les scènes de pillages se mèlent donc par la "magie" des images à la détermination des manifestants et des grévistes.

 

Pour autant, si les seconds parlent, expriment les raisons de leurs mouvements, les premiers ne sont pas très loquaces, et les lycéens et étudiants auxquels se mèlent (ou dont font partie) les fameux "casseurs", oscillent entre fascination pour une violence expressive, spectaculaire, et illustration "mythique" de Mai 68, ou encore d'une époque dans laquelle l'image a pris le pas sur la parole, l'instantané (le temps présent) sur la perspective.

Certains participent, d'autres contemplent, d'autres encore ont peur, et une part non négligeable se démarque, préférant se joindre aux manifestations des organisations syndicales, où ils peuvent s'exprimer hors des émeutes et de leux corolaires, les violences policières (ou l'inverse, puisque pour certains, c'est la pression policière constante tout au long de l'année dans certains quartiers, qui pousse à cette explosion de violences).

 

 

Faire sens, quelles directions ?

   

Pour paraphraser le titre d'un ouvrage récent du philosophe Alain Badiou, de quoi ce mouvement hétéroclyte est-il le nom, mouvement combinant de manière concomitante, union syndicale, mouvements radicaux encadrés et violences sporadiques sans revendications exprimées, sur fond d'absence de dialogue social, de répression policière et de vote des lois à la hussarde?

 

Ce mouvement est-il lui même un mouvement faisant sens, et cohérence, autour des retraites, et plus largement du système de protection sociale?

Résume-t-il plutôt un ras-le-bol généralisé, en particulier dans un contexte où depuis des décennies, les pouvoirs politiques successifs s'avèrent incapables de "diriger" le pays, et d'apporter des réponses aux questions sociales, et sociétales : insécurité sociale, insécurité publique, insécurité environnementale?

 

Dans cette société éclatée, où le précariat s'est développé, où l'économie de la survie a modelé des espaces et des pans entiers de la population, peut-on penser que nous assistions à l'émergence d'une phase historique nouvelle dans laquelle "les prolétaires de tout un pays s'unissent"?

 

Il est à cet égard indéniable que les grèves, les manifestations et les luttes rassemblent d'abord ceux qui ont quelque chose à défendre.

Et il n'est pas anodin de constater qu'avant que le mouvement syndical ne se fédère autour de la réforme des retraites, cela fait plusieurs années que les retraités et leurs associations se mobilisent et descendent dans la rue pour défendre leurs pensions.

Il n'est pas anodin non plus de constater une fois encore que les cortèges des manifestations se composent pour une grande part, des fonctionaires, territoriaux, hospitaliers, enseignants, ou bien des cheminots et autres "survivants" du puissant pôle public qui fit la fierté de la République Française.

Il est également notable de voir la participation importante de la catégorie des cadres aux mouvements et manifs, ce qui ne constitue pas forcément une constante dans le mouvement social Français ces dernières décennies.

Il est également à noter que les travailleurs et secteurs d'activité, directement concernés par la "pénibilité du travail", pourtant fournisseurs moins traditionnels des manifestations se montrent et se mobilisent : BTP, secteur des déchets, industrie automobile...Il convient pour autant de constater que ce sont des secteurs également caractérisés par la "stabilité" de leur engagement salarial (proportionnellement à d'autres secteurs d'activité du privé).

Quand d'autre secteurs directement touchés par l'usure au travail comme la grande distribution ou encore les entreprises de nettoyage, ne connaissent pas de mouvements sociaux massifs...

 

S'agissant des émeutes de jeunes, il est particulièrement marquant de constater que le mode opératoire est le même, à quelques approximations près, que celui à l'oeuvre lors des révoltes de 2005 et opéré depuis des années, en marge des manifestations de la jeunesse : arrivée simultanée de groupes, déferlement de violences, scènes de pillages, le tout réalisé par des personnes vêtues d'habits qui s'apparentent au code vestimentaire "made in banlieue" : les fameuses "capuches", baskets.

La seule évolution notable à ce jour, par rapport aux manifestations du CPE, réside pour moi dans le fait qu'à ce jour, ne soit pas relatée de scènes de lynchage de jeunes manifestants par d'autres jeunes.

 

Alors, qu'est-ce qui relie ces mouvements simultanés touchant l'ensemble du pays, petites communes, zones périurbaines, comme grandes agglomérations?

Y a-t-il d'ailleurs quelque chose d'autre que le rejet croissant d'une Présidence marquée du sceau de "l'hyper réalisme", dans un contexte de "crise" : crise financière, crise sociale, crise urbaine, crise économique, crise écologique (on entend même parler de "crise de civilisation")?

 

Aussi, dans la mesure où le mouvement social, malgré sa continuité, son niveau élevé de mobilisation et sa détermination, ne paraît aucunement en mesure d'infléchir le vote de la réforme, mais débouche désormais sur des blocages et des violences, mise en exergue par l'Etat comme "mettant en péril l'ordre républicain, voire la paix civile, ne faut-il pas craindre une reproduction du dilemne de "mai 68", avec une menace renforcée d'une réponse policière, voire militaire, amenant à une nouvelle réduction de la démocratie et des libertés individuelles.

 

  

Des raisons diffuses pour une cause commune ? 

  

Si le gouvernement reste inflexible, c'est peut être aussi parce qu'il considère que le socle commun reliant les différents acteurs en mouvement n'existe pas.

C'est plus sûrement encore parce qu'il veut casser le souffle de ce mouvement social pour empêcher que celui-ci ne se transforme en mouvement politique. Qu'en est-il donc ?  

 

Le secteur public, fameux bastion syndical, se mobilise et constitue la colonne vertébrale des manifestations.

Cela tient en effet à trois raisons :

- les fonctionnaires par leur statut peuvent se projeter, et plus facilement faire grève;

- ils font l'objet de mesures continues et tous azimuts concernant directement leurs moyens et eurs conditions de travail depuis 2002;

- ils ont à la fois une "retraite" à défendre, compte tenu que la stabilité de leur emploi est tout à fait en phase avec le système de cotisation, et que parallèlement le calcul des retraites se calculant hors primes, le montant des pensions des fonctionnaires n'est pas particulièrement élevé.

 

Le secteur privé manifeste, ou se mobilise dans des secteurs qui allient stabilité et pénibilité reconnue du travail : dockers, déchets, raffinerie...même s'il est claire également que ces secteurs correspondent peu ou prou à la capacité de "bloquer" la pays en oeuvre à l'heure actuelle.

 

Les jeunes entrent progressivement dans le mouvement.

Avec un renforcement de processus constatés depuis 1995 : les cortèges de jeunes rejoignent de plus en plus les cortèges "institutionnels" des organisations syndicales...ils les rejoignent d'autant plus facilement qu'ils se retrouvent confrontés aux débordements violents en cours ( en Seine St-Denis, à Lyon notamment).

Les cortèges lycéens et étudiants s'engagent d'ailleurs très clairement dans des revendications par rapport aux retraites, fait qui ne peut surprendre que ceux qui veulent bien l'être, quand depuis de nombreuses années, les jeunes diplômés expriment un attrait croissant pour le secteur public, et sont en recherche d'un nouveau socle de sécurité sociale, alors que le système actuel se dérobe sous leur pied, chaque jour un peu plus.

 

Il règne en fait une atmosphère très particulière où les AG ne rassemblent pas de manière massive et simultanée l'ensemble des personnes se sentant en phase avec les revendications posées par l'union syndicale.

A St-Denis, l'université Paris 8 fonctionne. les bus circulent, les services de la mairie travaillent...et pour autant, on perçoit une détermination qui ne faiblit pas. Dans une forme de pesanteur annonciatrice d'un tsunami social, dans une sorte de situation pré-insurrectionnelle.

  

A cet égard, il convient d'aborder ce qui constitue pour moi un contresens concernant les fameux "casseurs", qui seraient à leur manière, dans une révolte qui ferait sens, montrant ainsi qu'il n'y a qu'une jeunesse, même si elle revêt des visages différents, liés notamment à la capacité ou non à poser des mots sur sa colère.

Outre le fait que l'aspect "générationnel" ne saurait nier les réalités de classes et d'instruction, l'engagement dans le mouvement des retraites et le rejet de la politique Sarkosy serait-il un trait commun à la génération" Facebook"?

 

Peut être convient-il de s'arrêter un instant de manière "clinique" sur les faits.  

A St-Denis, et à Stains, des rassemblements se sont produits devant des lycées de manière confuse, certes, s'inscrivant dans un climat social qui invitait de manière de plus en plus affirmée les jeunes et particulièrement les lycéens et étudiants à entrer dans le mouvement.

Les rassemblements de lycéens ont très vite été rejoints par des groupes d'autres jeunes, qui selon les témoins, venaient "d'autres établissements scolaires situés dans d'autres villes" (à Stains, ils étaient censés venir de St-Denis, et réciproquement), et pour d'autres n'étaient pas scolarisés.

A Stains, les destructions de toutes les viitres du lycée ont été conduites dans un laps de temps très rapide.

A St-Denis, ce sont des magasins du centre ville qui ont été pillés par des groupes de jeunes, et notamment de jeunes femmes, dans une hargne et une détermination qui ont impressionnées les témoins présents, notamment par l'aspect "d'incommunicabilité" avec ceux-ci.

A proximité des deux établissements, près de l'université, des affrontements larvés sous forme de course poursuite entre forces de l'ordre et petits groupes, ou sous formes de batailles rangées ont eu lieu.

A chaque fois, à Stains en tout cas, cela s'est fait sans volonté manifeste, et encore moins exprimée de s'inscrire dans une revendication en lien avec le mouvement social actuel (ce qui semble être également le trait commun avec Lyon). La seule chose exprimée l'étant par les voies de faits et la recherche de l'affrontement avec la police, dans une ignorance complète des adultes et autres jeunes présents.

Ces faits sont à rapprocher me semble-t-il du contexte dans lequel ils se déroulent : celui d'une "banlieue" qui vit sous tension toute l'année, où la moindre faille se transforme en émeute, où la délinquance et la violence de voie publique sont prégnantes et conditionnent le positionnement de tous les habitants et acteurs des villes concernées, où la "militarisation" de l'action policière est vécue par une large partie des habitants comme une injustice supplémentaire, voire une double peine (la délinquance et les violences policières).

Les faits qui se déroulent sous nos (mes) yeux chaque jour en ce moment font partie intégrante de contexte, et s'inscrivent plus dans la continuité d'une banlieue qui se consume (et se construit) de manière croissante en dehors du système existant.

 

 

Situation insurrectionnelle, globalisation du précariat, modèles fascisants ou émergence d'une nouvelle civilisation 

 

De fait, si les caméras se braquent sur les images d'adolescents et de jeunes adultes préoccupés d'en découdre avec les forces de l'ordre et le cas échéant par le pillage de magasin et les incendies de véhicules, ces images sont à mon sens, moins révélatrices d'une "colère" qui serait commune à l'ensemble de la jeunesse, que du sentiment d'abandon d'une banlieue, qui serait commune à des pans entiers de populations de ces villes, quel que soit leur âge.

 

Au tableau évoqué précédemment, il convient d'ajouter celui d'un fil du rasoir devenu la préoccupation croissante des intervenants sociaux et éducatifs dans les quartiers...dans leur difficulté de rapport avec les populations.

Au tableau évoqué, il convient d'ajouter celui de villes, où l'économie de la survie a structuré socialement les quartiers, et même agi sur l'urbanisme, en donnant souvent aux espaces un sens différent de celui prévu à l'origine.

Il convient encore d'ajouter celui d'une rupture, voire d'une défiance démocratique qui fait élire le Maire d'une ville revendiquant 100000 habitants avec moins de 8000 voix pour sa liste !

Il convient aussi de rappeler que le non emploi salarié (anciennement appelé chômage) est souvent la première occupation à l'échelle de certains quartiers, et est le fait majoritaire pour les jeunes adultes (moins de 30 ans).

 

Un tel contexte m'amène à effectuer deux commentaires immédiats :

- primo, comment une société de la précarité et de la survie, dont les ressources officielles ou officieuses (mais de plus en plus assumées ouvertement) n'ouvrent pas droit à cotisation, peut-elle se mobiliser pour une question qui lui est étrangère à tout point de vue, y compris parce que, lorsque le quotidien devient l'obcession, cela obère largement la possibilité de se projeter;

- deuxio, si la colère est largement perceptible dans tous les pans de la population, elle est loin de faire cheminement commun, et s'effectue à la fois dans un cadre de ras-le-bol du "politique", qui s'apparente beaucoup plus à des formes de rejets tous azimuts de la démocratie politique et Républicaine, qu'à un rejet du système capitaliste, d'une part, et s'effectue dans un contexte de montée d'une colère bien particulière, chargée de "haine"!

 

L'explosion de ce précariat qui se vit à l'abandon, qui se pense en "exclusion", sinon en marge d'un système, a amené à l'émergence et au développement de pratiques que je qualifie "d'économie de la survie", qui structurent désormais l'espace social et urbain des cités populaires, de manière intergénérationnelle et interquartiers par ailleurs, loin des images d'Epinal ou des clichés racoleurs.

 

Encore une fois, si cette société de l'abandon a généré de nouvelles solidarités, et de nouveaux codes sociaux, il convient de ne pas négliger qu'ils se sont construits sur des bases "d'hyper capitalisme", dans des modèles d'accumulation et de domination que les observateurs et penseurs d'une alternative progressiste, voire de transformation sociale, auraient tort de sous estimer.

 

Bien que la tentation puisse être grande de chercher de nouveaux élans romantiques dans les cités actuelles, le modèle du "deal" ne trouve pas ses racines dans le phalanstère de Fourier, mais plutôt chez Friedrich Von Hayek.

 

Il n'en demeure pas moins que cette démarche porte en elle des rejets de la société et du système actuel. Reste à analyser dans quelle mesure ces rejets pourraient être convergents avec les luttes et mouvements en cours à l'heure actuelle.

 

La première des convergences, pourrait à cet égard résider dans une réaction de rejet "populaire" de cette société laissée à l'abandon livrée à elle même dans une économie de la survie : une réaction caractérisée par le rejet de la démocratie politique, considérée comme étant incapable de répondre aux questions économiques et sociales, et aux besoins de sécurités civile, sociale et environnementales de la population.

 

La seconde résiderait dans une tendance à ne plus vouloir déléguer son pouvoir de représentation à quelqu'un, mais à souhaiter être acteur, engagé dans son devenir, sans que quelqu'un décide à notre place.

 

Il n'existe pas selon moi de formes "constructives" de ces convergences, pouvant porter des éléments d'émancipation et de dépassement du capitalisme, tant les politiques de divisions menées au cours des deux dernières décennies ont structuré durablement les esprits : années 80, avec la mise en exergue de la compétition entre individus, et années 90, avec la désespérance sociale et l'avènement de l'hyper capitalisme financier.

 

Pour autant, par delà les formes embryonnaires de nouvelles constructions sociales "autogérées", les formes hétérogènes de rejet du système politique, croit également la conscience d'un nouveau socle social commun, susceptible de proposer un nouveau de Résistance et d'alternatives "à la guerre sociale" (Warren Buffet) engagée par la classe bourgeoise et les tenants du système capitaliste.

Il s'agit du sentiment d'appartenance croissant à un "précariat globalisé", qui n'est plus cantonné aux seuls CDD et autres sous produits salariaux issus de la créativité sans bornes des spécialistes en accroissement du taux de profit.

Aussi, la présence massive de cadres dans les mouvements, comme l'arrivée importante de fonctionnaires non syndiqués, non militants, et "non politisés" dans les cortèges, sont un révélateur de cette "insécurité sociale" qui gagne du terrain dans des CSP et des secteurs d'activités qui se croyaient jusque là préservés.

Les expériences de France Télécom et de La Poste ne sont certainement pas pour rien dans cet aspect de la question.

Le cynisme sans limite des dirigeants économiques et politiques en France et dans le monde, ainsi que la déconnexion totale entre système de rémunération et valeur créée, contribuent par ailleurs à éclairer les consciences sur le fait qu'il n'y a quelque part pas de fatalité...même s'il n'y a pas encore perception des issues démocratiques et pacifiques possibles.

 

Demeure cependant un fossé majeur entre le "peuple salarié" et celui qui se sent à l'abandon. Les luttes en cours ne me paraissant pas révéler pour le moment d'évolutions significatives à ce sujet.

Pourtant, il me semble que c'est là que se situe la clé de voute pour la construction d'une alternative de tranformation sociale au système en place.

Un système, dont les dirigeants ont montré de manière constante qu'ils étaient capables de renoncer à la démocratie si c'était le moyen d'empêcher la destruction du capitalisme.

En jouant avec tous les populismes, et les pires relans fascisants, auxquels n'échappent pas ces formes d'interventions violentes construites sur le désespoir et nourris à la haine, auxquels n'échappent pas cette instrumentalisation du "religieux", à travers l'exacrbation des discours et pratiques fondamentalistes, et de leur corollaire "l'intégrisme Républicain et laïcard".

 En exacerbant par tous les moyens, les oppositions entre ceux qui ont quelque chose à défendre...et ceux qui n'ont rien à perdre !

En perdant de vue la question de la répartition des richesses et de la justice sociale.

 

Le seule chose que ne maîtrisent pas ou plus, les "casseurs d'avenir" que sont les dirigeants actuels du système capitaliste, c'est cette capacité en cours d'un peuple à reprendre en main sa destinée. Sous des formes, et par des voies qui restent chaotiques et incertaines, mais me semble-t-il, à travers des paroles, des actes et des écrits qui montrent des personnes déterminées à ne pas reculer.

Jusqu'à redonner un visage au peuple dans l'espace public ! 

 

St Denis, le 20 octobre 2010

 

Par nicolas vladimir - Publié dans : actu - Communauté : Tel est le monde !
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 00:02

A supprimer les niches des pauvres, le gouvernement ne risque-t-il pas au final de ne plus réussir à les tenir en laisse ?

 

A laisser les niches des riches, et à leur en offrir en permanence, ne faut-il pas s'étonner si commence à germer l'idée un peu partout qu'il faille les traiter comme des chiens !

Par nicolas vladimir - Publié dans : utopie-du-monde-reel - Communauté : UTOPISTES en piste
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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 23:55

C'est la phrase qui m'est venue en sortant de la projection du film "Hors la loi". Je crois qu'il aurait pu s'appeler ainsi.

Quel souffle dans le jeu des acteurs : merci Roshdy ZEM, merci Sami Bouajila, merci Jamel Debbouze!Merci Rachid Bouchareb !

 

Quelques temps après "L'armée du crime", arrive ce film hors norme, alors qu'on a attendu presque 50 ans pour disposer d'un film parlant du Mouvement de Libération de l'Algérie. Du point de vue de ceux qui voulaient se libérer...

Comme dit Abdelkader dans le film "il suffirait de remplacer Algériens par Français, et Français par Allemand...et on obtiendrait le discours de De Gaulle à Londres"...

Et c'est vrai que c'est plus facile quand on est français de voir un bon film sur la glorieuse Résistance Française contre la Wehrmacht et la Gestapo de l'Allemagne nazie...que de se confronter à un film partant du point de vue de ceux qui voulaient se libérer de la domination coloniale...

Et dire que les commentateurs "néopolitiques" de France Inter et de l'intelligentsia parisienne nous expliquant que la force du film réside dans le fait que l'auteur sait s'attacher aux nuances, et montrent bien les horreurs commises des deux côtés...

Des deux côtés de quoi ?

Des deux côtés de la domination coloniale, il y a toujours l'oppresseur et l'opprimé. Ne vous en déplaise.

Et j'aimerais bien voir la tête des mêmes commentateurs, si on déduisait d'un film que dans le fond, ceux qui avaient continué de respecter les règles de l'Etat Pétainiste après 1940, essayaient de défendre une voie démocratique pour la Libération ? Si on déduisait que le mouvement Gaulliste, en sacrifiant le maquis du Vercors comme d'autres, s'était livré à un crime de guerre qui était l'équivalent des crimes de l'armée Allemande, et que les deux parties étaient tou autant responsables de cette grande boucherie?

Il faudrait aussi célébrer les Harkis, tant il est vrai qu'en France, nous célébrons la Milice...

J'ai entendu un chroniqueur expliquer que le film montrait bien la "terreur froide" du FLN...Beh, voyons...Quand les dirigeants clandestins de la Résistance Française ont décidé de procéder à un assassinat d'officier Allemand, est-ce que leur "terreur était froide ou tiède ? Et pourtant, combien d'édifices publics portent le nom du "colonel Fabien" dans notre pays ? Et c'est fort bien ainsi !

 

Que dire également des chroniqueurs qui font sans cesse allusion à ce que sont devenus les représentants du FLN aujourd'hui, à la corruption des généraux et des caciques de l'Etat actuel, sensée obérée à postériori la légitimité du combat mené par les Partisans et le peuple Algériens pour la conquête de leur indépendance? A-t-on jamais vu un des commentateurs avisés, oser brocarder la Résistance Gaulliste pour les crimes que l'Etat français, qui s'est toujours réclamé des vertus de la Résistance au Nazisme, a cautionnés en Indochine, en Algérie, pour le régime des "barbouzes" qui a été mêlé à la disparition de Ben Barka, pour les scandales politiques qui ont éclaboussé la France flamboyante des années 60 et 70 : affaire Markovic, affaire Boulin, diamants de Bokassa, ou encore la longue liste des interrogations concernant les vertus du SAC?

 

En fait, ce film fait preuve d'une maturité cinématographique et politique, impressionante pour un sujet qui n'a pas été traité. Ou si peu. "Avoir 20 ans dans les Aurès", "La bataille d'Alger", "RAS" ou encore "Elise ou la vraie vie", constituent quelques unes des rares exceptions à ce mutisme culturel, quand la Seconde Guerre Mondiale continue de passionner nos cinéastes.

Je trouve même que l'oeuvre de Bouchareb, a des allures de "l'Armée des Ombres", film référence de Jean Pierre Melville, pour la Résistance française, tant dans ces deux films, les cinéastes à quasiment 40 ans d'écart, arrivent à capter la différence essentielle existant entre l'oppresseur et les opprimés: la domination. Sans nier les contradictions, les peurs, les interrogations, ou bien évidemment les sentiments qui accompagnent cette quête de Liberté, dont fait partie intégrante la mort dans une lutte armée.

 

Un colloque se tiendra à la fin de la semaine à la Mairie de Paris, avec comme titre "décolonisons les imaginaires". Joli titre. Joli programme. Oui, le temps est venu de "solder les contes" sur la période coloniale. Ce film y participe s'agissant de l'Algérie.

Comme le "Aliker" d'André Deslauriers, s'agissant de la Martinique, interprété avec sérieux par Stomy Bugsy...c'est peut être la raison pour laquelle il n'a pas été distribué en Métropole !

Par nicolas vladimir - Publié dans : actu - Communauté : Webzine cinéma
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 21:09

La Plaine, ville morte et de l'argent roi...


la ville durable ôte ses lettres de noblesse
avec les autres qui lui restent sur le râble
la ville duale se profile

rue François Mitterrand - monarque mort
deux policiers se faufilent dans la rue vide
seuls au milieu de cette humanité en jachère
les moteurs de leurs engins font écho
pour briser la transparence d'un samedi dans La Plaine

depuis dix ans des vitres projettent une image de mère porteuse d'avenir
comme beaucoup de miroirs ils sont déformants
mais l'image dans le monde moderne s'est substituée à la lutte 
et la magie des multinationales opère la mutation tant espérée chez ce peuple en friche :
la ville est devenue riche ce qui évite à ses habitants de l'être

les façades des murs anonymes surmontés de logo lumineux se dressent
comme autant de labyrinthes qui brouillent les pistes
quand nos regards s'admirent dans la lumière de ces vitres sans tain
les sièges sociaux n'ignorent plus les Dionysiens ils les reflètent

les grues qui ont transporté dans leurs migrations les sièges sociaux
ont amené des graines de bétons et parsemé de nombreux logements 
des logements en accession - inaccessibles à la plupart des êtres humains
de toutes les manières ces logements ne servent pas à loger les Dyonisiens
mais à rendre apatrides les Parisiens
la propriété est  un espace qui repousse ses frontières toujours plus loin
et La Plaine n'est pas la propriété de Saint-Denis

la ville durable devient ville duale

l'R glisse le long de la ligne B
qui aurait imaginé l'importance du R'n'B dans la mélodie sociale
pourtant ces lettres en s'effaçant changent profondément le sens de la ville 

la nuit ravive les euphémismes en plongeant la ville dans le noir
elle fait réapparaître les invisibles qu'on ne voit pas le jour
normal, on ne tague pas les vitres seulement les murs
il n'y a rien à transgresser dans ce monde sous vide

La Plaine est le berceau du futur dans une approximation du langage
entre autoroute, canal et rail
entre autres roots, canailles et râles

La Plaine est passée de la friche au fric
Elle n'en finit pas de se peupler le jour dans une longue transhumance
de costumes bien taillés et de berlines aux vitres sombres
avant de se vider la nuit dans le grand collecteur des os usagés de Saint-Denis
 La Plaine est devenue un musée à ciel ouvert de la ville duale
Où les dormeurs de la couverture de l'A1 accompagnent du regard
les allumés du jour disparaître derrière les miroirs des sièges sociaux

La ville durable devient ville duale
au fond les airs de R'n'B ne mesurent pas leur importance
pourtant ces lettres en s'effaçant changent profondément le sens de la ville 

La Plaine a fini de panser ses plaies Elle a cessé d'exister

Par nicolas vladimir
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